Trois filles et leurs mères de Sophie Carquain

trois filles et leurs mères couverture

Trois femmes. Nées au tournant du siècle, entre 1873 et 1914, Colette, Simone de Beauvoir, et Marguerite Duras ont un point commun : celui d’avoir une hyper-mère, qu’elle soit fusionnelle (comme Sido), autoritaire (comme Françoise de Beauvoir) ou ambivalente (chez Duras).
Trois destins. Sophie Carquain fait revivre les trois monstres sacrés dans leurs décors : l’exotisme de l’Indochine des années 20 chez Duras, la bourgeoisie du début de siècle chez Beauvoir, la Bourgogne pour Colette. Et raconte comment elles ont construit leur univers et pris la plume pour se distancer de « Big Mother ». Pour exister.
Trois romans. Dans ce superbe triptyque, Sophie Carquain écrit le roman de ces trois femmes. – trois romans reliés par un subtil jeu de correspondances – et explore la complexité de la plus belle relation qui soit : celle qui unit une fille et sa mère.

Auteur : Sophie Carquain

Edition :  Charleston

Date de sortie :  13 février 2018

Prix : ? € voir sur Amazon

? pages

lectrice charleston

ce que j'en pense 2

Trois biographies romancées de grandes dames de lettres françaises emblématiques…

L’histoire

Dans ce livre, nous allons suivre trois histoires. D’abord, nous allons à la rencontre de Marguerite Duras avec une touche d’exotisme car on commence en Indochine et on est face à toute l’ambivalence dont peut faire preuve sa mère, qui peut se montrer tyrannique et maltraitante, mais qui est aussi en capacité de lui porter un peu d’attention.
Ensuite, on découvre Simone de Beauvoir plongée dans la bourgeoisie du XXè siècle et nous faisons la connaissance de François, sa mère autoritaire, un peu dépassée par l’intelligence extraordinaire de sa fille. On va aussi découvrir sa relation avec le célèbre Sartre.
Enfin, nous suivrons Colette, la jeune provinciale de Bourgogne et nous découvrirons alors sa relation fusionnellement pathologique avec sa mère.

Mon avis

J’ai beaucoup apprécié ce triptyque qui m’a appris beaucoup de choses sur la vie de ces grandes dames.

Les trois histoires sont reliées avec habileté ce qui réduit l’impression de franche coupure entre les trois parties. Dans les trois biographies, nous allons retrouver des moments de fiction bien sur, mais aussi quelques analyses psychanalytiques simples. Ainsi, ces trois histoires nous permettent d’analyser la relation toujours pathologique entre la mère et la fille, mais aussi et surtout, l’impact de cette relation sur la vie de la fille. De plus, à chaque fois, nous découvrons comment elles ont été amenées à écrire.

J’ai été happée par le récit à trois reprises. Je pense que le fait qu’il s’agisse de biographies romancées y est pour beaucoup. En effet, les instants de fiction attirent, happent le lecteur et les brefs instants d’analyse l’amènent à réfléchir. Je pense vraiment que le côté fiction de ce livre a permis d’apporter une certaine légèreté, une certaine fluidité au récit. Cela facilite grandement la lecture ! J’ai vraiment adoré découvrir un nouveau genre !

Ainsi, on ne peut que se croire en Indochine aux côté de Duras, au jardin du Luxembourg avec la jeune Beauvoir et ses jolies anglaises puis en Bourgogne avec la provinciale Colette. Leur chemin vers l’écriture et le rôle, l’impact de leur mère dans leur vie, dans leurs choix : tout cela est vraiment fascinant.

Je dois avouer avoir aussi été très intéressée par la relation développée entre Simone de Beauvoir et Sartre. J’ai été très impressionnée par la bibliographie à la fin de l’ouvrage qui montre toute l’étendue des recherches réalisées par l’auteure avant d’écrire ce triptyque… !

Enfin, étant dans le métier, je dois avouer avoir été fascinée par les analyses psychanalytiques qui restent très simples et donc facilement compréhensibles. Cela n’alourdit en rien le récit aéré par de grands instants de fiction et cela invite le lecteur à réfléchir sur sa propre expérience de cette relation si particulière, si importante, si essentielle entre une mère et sa fille. Les trois versants extrêmes sont finalement ici représentés : on passe de l’ambivalence chez Duras, à l’autoritaire Françoise de Beauvoir pour finir avec la fusionnelle Sido… On estime les enjeux de cette relation complexe et les séquelles chez les jeunes femmes qui se construisent et se cherchent…

Conclusion

Sophie Carquain nous décrit avec force et brio la destinée de trois femmes de lettres emblématiques avec comme fil conducteur la relation qu’elles ont pu entretenir avec leurs mères, mais aussi, leur chemin vers l’écriture et la philosophie, les plus grandes oeuvres de leur vie. J’ai adoré découvrir ces trois destins. De plus, ces biographies romancées sont ponctuées d’analyses psychanalytiques brèves fascinantes et qui font réfléchir le lecteur sur sa propre relation avec sa mère… Tout cela en touches ponctuelles au cœur d’un récit nous immergeant en Indochine, près du Jardin du Luxembourg ou en Bourgogne ! Je recommande vivement ce livre à ceux qui seraient intéressées par ces trois grandes dames !

bonne lecture notation

L intrigue
Les personnages
La plume
L originalité
Moyenne
 

Vous aussi, votez pour ce titre :

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

 

N'hésitez pas à partager cet article !Share on Facebook
Facebook
Share on Google+
Google+
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

About

Lectrice depuis mon plus jeune âge, j'ai décidé de lancer mon blog en mars 2015 et ma chaîne BookTube en août 2016 que j'administre à côté de mon travail (interne en psychiatrie).

View all posts by

Laisser un commentaire